La Seigneurie de LIMES

Les noms de LIMES et MALVAU apparaissent pour la première fois dans l’histoire avec la charte d’affranchissement à la loi de Beaumont donnée le 13 avril 1254 par Leudemart de la FERTE ; mais son existence est très antérieure à cette date, probablement avant le IXIÈME siècle.

Situé à la limite sud de la très ancienne paroisse de Jamoigne, le franc-alleu de LIMES se trouve exactement à la jonction des trois prévôtés de CHINY, CARIGNAN et MONTMEDY et se compose de deux petites agglomérations Limes et Malvau s ‘allongeant en arc au pied de la colline.

De bonne heure, les habitants de LIMES et MALVAU sont appelés à la vie communale. Ils jouissent des aisances dans les forêts de Malvanvaux et de Taillemedy. Ces droits sont fixés par la charte d’Avioth.

L’origine du village de LIMES peut être attribué à la présence de trois voies romaines se rencontrant sur son territoire et qui y franchissent à gué la rivière du Courwey :

· la route MONTMEDY - BREUX - VALENSART

· la route venant de LAMOUILLY par St-WALFROID et qui rejoint la précédente un peu avant FAGNY pour franchir le Courwey.

· la route Majerou -Berchiwé - Villers-la-Loue - Morsom (Mortui- homines) - LIMES - CHAMELEUX.

Ces routes furent souvent empruntées par les pèlerins passant par l’abbaye d’ORVAL et allant vénérer N.D. d’Avioth ou prier en l’Église de Saint-Walfroid.

Dès son affranchissement par la loi de Beaumont, les deux entités de Limes et Malvau avaient le droit, comme toute localité affranchie à la loi de Beaumont, d’élire et de renouveler tous les ans, à la Pentecôte, un corps de justice. La Justicelocale se composait du mayeur, de son lieutenant, de deux échevins et d’un clerc-juré.

Ces deux hameaux dépendaient de l’Eglise de Jamoigne. Pour se rendre aux offices les habitants doivent faire deux heures de marche à travers bois. Dépendant de l’Abbaye d’Orval depuis 1622, ils en profitent pour supplier le père Abbé Bernard de Montgaillard de les « rattacher » à l’église de Gérouville plus proche. Le Père Abbé accepte. De ce fait l’église de Gérouville devenant trop petite pour contenir ce nouveau monde, il faut songer à l’agrandir. En 1635, la France déclare la guerre à l’Espagne. En 1636, l’invasion des croates et la peste sévissent, l’Abbaye d’Orval est saccagée et Limes complètement détruit. Seul son moulin fut épargné. Par le Traité des Pyrénées, le village de Gérouville fut cédé à la FRANCE, LIMES avec les forges de LA SOYE continua à appartenir au Comté de CHINY, duché du Luxembourg espagnol et ainsi se releva rapidement de ses ruines. Selon le dénombrement de 1725 à 1792, Limes comptait à cette époque :

48 maisons

1 personne de 2 ème ordre et 4 du 3 ème

2 marchands tenant boutique, 3 aubergistes et cabaretiers

2 petits revendeurs, 1 fabricant

22 laboureurs, 3 chapeliers, 2 cordonniers,13 forgerons,3 maçons, 2 menuisiers,3 meuniers,1 platineur,2 tailleurs, 1 tourneur

1 noble, 1personne hors d’état de gagner sa vie, 1 membre du clergé

Les forges de La Soye ont favorisé le développement de la petite commune et procuré à ses habitants du travail et du pain. Mais la population des deux communes sœurs devint considérable. Mais les difficultés continuelles suscitées à la frontière par les troupes ennemies ont rendu la vie impossible à Messire Doulet, curé de Gérouville. Il donne sa démission le 04 octobre 1707. Les habitants de Limes et Malvau décident de bâtir à leurs frais église et presbytère et de subvenir aux frais du curé desservant. L’archevêque de TREVES leur donne l’autorisation de bâtir cette église en 1709. Cette dernière est bâtie sur le haut plateau qui domine l’ancien hameau de Malval. Sa voûte est en pierres spongieuses provenant de la « Fontaine pétrifiante » la cranière. Frère Abrabam de l’Abbaye d’Orval peint les panneaux représentant les quatre évangélistes.

Messire EVRARD devient le premier curé de LIMES.

 

 

 

 

 

Liste des curés

Evrard, 1710

Lallement, Ch

Fisé, Jean, décédé en 1726

Ricaille, J-F

Taillandier, Jean décédé en 1782

Henrion, Jean

Flamion, Jacques

Verlet, Mathias

Thill, Jean-Michel

Henry, J

Pierron, Léopold

Domange, Em

Wavreil, Adrien

Georges Emile, 1889

 

 

 

 

La borne célèbre de LIMES (de MARGNY pour les français) sépare ces trois prévôtés.

 

 

 

La création des prévôtés ne remonte pas très au delà du XIIème siècle, mais leurs limites n’ont pas été arbitrairement fixées : elles découlent des divisions territoriales plus anciennes : les « pagi » dont la détermination reste peu satisfaisante.

Après la conquête de la Gaule, les romains ont divisé la province en quatre cités : TREVES, METZ, TOUL et VERDUN.

La cité de TREVES comptait cinq »pagi » qui deviendront plus tard des comtés.

Les « pagi » sont administrés par les fonctionnaires des Rois Francs qui prennent le titre de « Comtes régionnaires ».

On admet généralement que le « pagus moyen » d’ARLON s’étendait jusqu’à la région de GEROUVILLE-LIMES où commençait le « pagus moyen d’IVOY ».

 

La Borne de LIMES sépare en outre :

· 2 anciennes provinces : LORRAINE (Nancy) et CHAMPAGNE (Troyes)

· 4 communes : Breux, Margny, Gérouville, Villers-dt-Orval

· 4 cantons : Montmedy, Carignan, Virton et Florenville

· 3 arrondissements : les sous-préfecture de Montmedy et de Sedan et l’arrondissement de Virton

· 3 provinces : (départements ou préfectures)

la Meuse, les Ardennes, le Luxembourg

· 3 évêchés : Verdun, Reims et Namur

· 2 états : Belgique et France

· 2 divisions universitaires : Académies de NANCY et de LILLE

· 2 circonscriptions militaires : le VI ème corps d’armée (METZ) et le IIème corps d’armée (AMIENS)

 

Cette borne porte deux dates : 1820 et 1896. Sur deux faces opposées, deux initiales : F.B. 1820 - Traité des limites.

En suite du traité de Paris (20/11/1815) ramenant la France à ses limites de 1790 et en exécution de l’acte portant le nom de « Traité des Limites », signé à Courtrai le 28/03/1820, la borne fut plantée le 24/09/1823 entre les Pays-Bas et la France. Le 22 mai 1896, une commission franco-belge remplaça la borne primitive par une stèle en pierre bleue.

 

la borne la borne