L'Abbaye d'ORVAL

ruines vers 1900 ruines vers 1900

 

ORVAL se situe au centre de la région comprise entre CHINY, IVOIX (Carignan), MONTMEDY et VIRTON. Une chape de silence pèse sur ces lieux, parfois troublée par les chevauchées des seigneurs de Chiny se livrant à la chasse sous les branchages des chênes séculaires ou poursuivant un quelconque ennemi.

 

Ruines de l’Abbaye d’Orval vers 1900

 

Dans l’une ou l’autre clairière, on découvre avec étonnement, un hameau ou quelque métairie en ruines, vestiges d’un passé déjà lointain, dû à l’invasion normande.

C’est là que la princesse Mathilde de Tosacane, femme de Godefroid le Barbu, qui était le père adoptif de Godefroid de Bouillon, décida d’y établir un monastère, Arnould II Comte de Chiny fit don de l’emplacement à quelques moines venus de la Calabre (Province située au S-E de l’Italie) en 1070.

Les premiers religieux ne restèrent pas longtemps à ORVAL Vers 1108, ils furent remplacés par des chanoines réguliers (prêtres vivant selon une règle conforme à celle de saint-Augustin, qui imposai tau clergé la vie commune et le renoncement à la propriété) et ce à la demande de Othon II de CHINY. Plus tard, ils firent place aux Cisterciens. Ceux-ci au nombre de sept avaient été choisi à la demande d’Albéron de Chiny qui était alors évêque de VERDUN.

Ils arrivèrent à ORVAL le 09 mars 1131 sous la conduite de Dom Constantin. Le Comte Albert de Chiny , fils d’Othon II, leur garantit la paisible possession des ces lieux. Les moines se mirent donc au travail et armés de cognées et de charrue, ils élargissaient les premiers défrichements envahis par les ronces et rendaient à la culture les champs abandonnés.

Cependant l’abbaye connaissait de graves difficultés financières, les revenus couvrant à peine les frais d’exploitation et il arriva que l’abbaye se vit écraser par les charges et le poids de ces dettes. Ses occupants durent quitter les lieux. Cette crise survint juste après l’incendie de 1251.

L’abbaye d’Oraval avait de nombreuses propriétés aux bans de Gérousart, de Saint-Coweit, de Luz et de Mortshommes. Pour sauver le monastère, l’abbé d’Orval, Henri II de Bouillon forma le dessein de créer un village au centre de terres que possédait l’Abbaye et qui se trouvait à sept kilomètres de l’abbaye. Cette vaste contrée était déserte depuis la nuit des temps. Ce pays de verdure et de frondaisons reposantes, se composaient de terres incultes ne rapportant rien à l’Abbaye.

Ce vaste territoire, en partie défriché d’une superficie de 1.265 hectares, 63 ares et 72 centiares paraît donc favorable à l’Abbé. En accordant divers avantages aux futurs occupants du site; il espère y rassembler les habitants disséminés des régions avoisinantes. Il fallait cependant le consentement et le concours du suzerain. En juillet 1258, le comte de Chiny et l’abbé d’Orval décidèrent que le nouveau village serait bâti sans retard et s’appellerait Gérouville.