Déclaration de guerre

J’ai reçu mon ordre de rejoindre le 30 juillet pendant la nuit, alors que je me trouvais à mon service à VIRTON SAINT-MARD. Au son du tambour, je suis revenu le soir de VIRTON.

Le premier Août à 0700 heures du matin, après avoir fait mes adieux à ma famille composée de mon père, de ma mère, de mon frère Julien, de Camille et de ma sœur Marcelle, j’ai pris le train à la gare de Ste-Marie pour me rendre à NAMUR.

On verra plus tard, en 1918, que ma famille aura été décimée, mon père et mon frère Julien auront été fusillés par les Allemands, ma mère décédera le 13 septembre 1918 des suites du chagrin causé par ces faits. Je ne la reverrai pas.

Ce samedi 1er août, vers 1100 heures, j’arrive donc à NAMUR et je me rends à mon régiment, pour y prendre possession de mon équipement, de mes armes et munitions.

Arrivés au dépôt de la Citadelle, nous nous habillons, après avoir pris nos vivres de campagne.

Nous descendons de la Citadelle et traversons la ville au milieu d’une foule qui accourt de tous côtés et nous nous dirigeons vers JAMBES. Nous y arrivons vers 2000 heures. Nous trouvons à nous loger dans une ferme pour la nuit. Nous cherchons de la paille dans une meule pour fabriquer notre couchage et nous nous installons dans l’étable après l’avoir nettoyée des crottins de chevaux qu’elle contient.

Le lendemain, c’est dimanche, on nous réveille à 0500 heures, nous recevons du café et nous sommes désignés pour éplucher les pommes de terre.

Afin de vérifier si tout le monde a obtempéré à l’ordre de rappel, nos officiers nous rassemblent et procèdent à l’appel. Personne ne manque au poste. Nous recevons les pièces d’équipement manquantes.

Après avoir pris notre dîner, nous contournons JAMBES et nous revenons à notre point de départ.

La nuit est courte, nos chefs nous réveillent à 0300 heures et rassemblent la Compagnie sur la place communale de JAMBES, nous restons deux heures à attendre, sans obtenir de renseignements. Le reste de la journée se passe à l’entretien de notre équipement.

Vers 1800 heures, nous quittons JAMBES, passons DAVE, NANINE, St-BERNARD, COURRIERE, ASSESE et nous arrivons à GESVES arasés de fatigue.

Nous dormons de tous côtés, des retardataires arrivent à toutes heures, j’ai de la chance, je suis bien logé, dans une école. Des sœurs nous apportent de la soupe, de la bière et des œufs.

Nous récupérons jusque 0700 heures, la journée se passe au nettoyage des effets et des armes.